La Foudre et les OrdinateursL'orage, un phénomène naturel que chacun connait depuis sa plus tendre enfance. Nous avons tous le souvenir de ces nuits passées lové au creux d'une couette pendant que se déchainent les éclairs dans le ciel.Traditionnellement, la foudre fut à l'origine de nombreuses légendes. On lui attribua longtemps une origine divine, surnaturelle et effrayante. Objet de craintes et d'adoration, ce fut une fascination pour l'homme. La peur que suscitait la foudre était malheureusement justifiée. Outre le "son et lumière" impressionnant, la foudre tuait et incendiait les bâtiments. Aujourd'huis, la science humaine moderne dispose de connaissances précises sur la foudre. Et même si certains phénomènes très rares comme la foudre en boule sont encore l'objet de spéculations, elle n'a pour ainsi dire plus de grands secrets. Outre l'étude théorique, les moyens modernes ont permis de reproduire bon nombre de phénomènes dans les laboratoires. En outre, l'omniprésence de bâtiments pouvant servir d'abris, la densité de potaux éléctriques et de structures susceptibles de canaliser la foudre, la généralisation des transports motorisés à notablement réduit le risque d'accident. Du moins en zone urbaine.
Techniquement parlant, qu'est ce qu'est la foudre
Bien que l'on observe le foudre principalement pendant les orages dont elle est une des manifestations les plus voyantes, la cause de la foudre tient dans les frottements entre masses d'airs qui s'y produisent. La rencontre de masses d'air chaudes et froides provoque des mouvements d'air violents dans l'atmosphère et de nombreux frottements. Il en résulte une accumulation de charges éléctriques dans les nuages. Quand le potentiel éléctrique atteint un pic limite pouvant atteindre des millions de volts, l'air s'ionise brutalement, créant un canal d'écoulement des charges électriques entre le sol et les masses nuageuses. Il se produit un passage brutal et en masse d'éléctrons. Ce passage brutal provoque une élévation de température extrèmement importante sur le canal de passage pouvant atteindre des milliers de degrés. L'ionisation et la dilatation brutale des gaz sont à l'origine du puissant flash lumineux et de l'onde de choc sonore.
La foudre et les équipements électriques.
Lorsque la foudre "tombe", le chemin suivi par le canal ionisé cherchera le plus court chemin entre le sol et les charges accumulées dans l'atmosphère. Il s'ensuit que tout objet conducteur susceptible de fournir un chemin plus facile aux éléctrons peut "attirer" la foudre sur lui : Poteau, arbre, structure métalique, antenne de télévision ou même un être humain. On s'est d'ailleurs servi de ce principe pour s'en protéger : Le paratonerre, une pointe fixée sur le toit d'une habitation et reliée au sol par un cable de grosse section va permetre de protéger la zone en 'attirant sur elle la foudre. Celle ci étant canalisée dans le but d'éviter les dommage pour l'habitation elle même et ses occupants.
Malheureusement, il s'avère que la foudre présente également une affinité certaine pour les lignes, poteaux électriques et téléphoniques. En cas de coup de foudre sur l'une d'elle, il s'ensuivra une brusque élévation de la tension sur la ligne éléctrique ou téléphonique.
Il s'ensuit que le réseau éléctrique EDF, les lignes de téléphone et les antennes de télévison sont les vecteurs privilégiés d'entrée de courants issus de la foudre dans l'habitation.
Le réseau éléctrique étant ramifié, un coup de foudre indirect sur une lointaine ligne à haute tension n'aura pas les mêmes conséquences qu'un coup de foudre direct sur la ligne d'alimentation proche de l'habitation. Ce dernier cas étant à l'origine de dommages très graves.
Dans beaucoup de zones urbaines très denses, les cables éléctriques sont dorénavant enterrés, ce qui limite fortement les risques de coup de foudre direct. Néanmoins, les risques n'en sont pas pour autant annulés car la foudre peut tomber au sol à proximité de ces dernières, induisant une surtension importante. Les lignes téléphoniques semblent se révéler particulièrement exposés. Mais les antennes de télé présentent un grand danger en raison du risque essentiel de coup de foudre direct.
Le risque de foudre, l'influence régionale et structurelle.
Phénomène atmosphérique avant tout, la fréquence et l'intensité des phénomènes orageux varient fortement suivant les régions et même les localités. Les reliefs montagneux jouent un rôle important car ils modifient la libre circulation des courants d'air atmosphériques. Les abords et les pentes des montagnes constituent de ce fait, des zones orageuses à haut risque.
On peut également parler de la qualité des infrastructures : Les lignes terminales enterrées présentent des risques notablement réduits a contrario d'un long cheminement sur des poteaux aériens.
Il est également evident que l'on risque plus de prendre la foudre sur une ligne éléctrique cheminant sur des poteaux isolés dans des champs sans végétation haute que dans un paysage urbain dense ou la foudre peut trouver nombre d'autres points élevés et conducteurs à frapper.
D'autre part, en zone urbaine, les cablo opérateurs ont bien souvent remplacés les antennes télé. Leurs cables étant le plus souvent enterrés, le risque en est alors réduit.
Se protéger
Nous avons vu plus haut que le "coup de foudre" pouvait présenter differentes formes de gravité. De la petite surtension consécutive à un coup de foudre très lointain sur le réseau a l'embrasement d'une habitation suite à l'explosion d'un appareil éléctrique à cause d'un coup de foudre direct catastrophique sur la ligne de courant EDF ou l'antenne de télé.
Tout d'abord, et au risque de casser un mythe créé par les fabricants d'équipements de protection : Il n'existe PAS de protection efficace capable de résister aux millions de volts et d'ampères d'un coup de foudre direct. C'est pourquoi l'environnement devra être soigneusement étudié pour évaluer le risque d'occurence et des mesures prises en conséquences.
Mais la majorité des coups de foudre restent de nature indirects. Ils représentent une grande cause de mortalité de matériel informatique, c'est pourquoi il est utile et même indispensable de se protéger à l'aide d'équipements efficaces.
Le matériel informatique, des équipements électriques particuliers et très sensibles aux surtensions.
La particularité notable du matériel informatique par rapport aux équipements éléctriques traditionnels est d'intégrer des composants semi conducteurs miniaturisés. Du fait de leur miniaturisation, les transistors d'un microprocesseur d'ordinateur ne mesurent en taille que quelques atomes de côté. Cette taille infinitésimale est responsable d'une grande fragilité : La moindre surtension et cette fine couche d'atome est volatilisée, entrainant la panne de l'équipement.
Avec ces nouveaux équipements, une nouvelle définition de la qualité du courant éléctrique doit être envisagée.
Malheureusement, la conception du réseau éléctrique EDF et de celui de la très grande majorité des habitations date d'une époque ou cette définition apportait une qualité d'alimentation éléctrique largement suffisante à la majorité des besoins courants. C'est pourquoi à l'heure actuelle, ni les compteurs éléctriques, ni les systèmes d'alimentation d'EDF ne disposent en standard d'équipements parasurtenseurs adaptés aux besoins du matériel informatique. Aujourd'huis et même si les normes ont évoluées, l'équipement de protection éléctrique des habitations est relativement basique. Il se contente de prévenir les risques liés aux gros courts circuits (risque d'incendie) et d'éléctrocutions (et encore). En conclusion, vous devrez donc vous équiper par vous même.
Attention également au fait que de plus en plus d'équipement éléctrique "traditionnel" intègre maintenant des semi conducteurs en nombre parfois importants. Jadis relativement résistants, ils sont de plus en plus exposés à tomber en panne suite à une surtension.
Il faut également noter une évolution des modes d'utilisation et de fonctionnement des appareils. Jadis, un appareil inutilisé était déconnecté du secteur, au moins par le biais de son interupteur marche/arret. Aujourd'huis, de nombreux appareils peuvent fonctionner en veille permanente, les exposant ainsi au risque de foudre même lorsqu'ils paraissent éteints. C'est notament le cas de tous les ordinateurs de type PC depuis la norme ATX qui est sortie au millieu des années 90.
Comment un ordinateur risque de souffrir d'un coup de foudre.
Comme nous l'avons vu, un coup de foudre peut signifier des niveaux d'intensités très différentes pouvant aller jusqu'a la carbonisation totale de l'ordinateur dans de rares cas extrèmes.
Plus courament, les éléments le plus courament endommagés semblent être les alimentations, les cartes mères et les modems.
On notera un grand classique : L'entrée de la foudre par la ligne téléphonique entrainant la mort du modem et souvent de celle de la carte mère de l'ordinateur. Le grave problème est qu'un équipement mal protégé peut communiquer une surtension et endommager le reste des équipements. C'est pourquoi il faudra veiller à une protection efficace de tous les équipements interconnectés : Un seul équipement non protégé peut griller tout un réseau.
Une grande attention devra être accordée aux cartes télé des ordinateurs qui sont reliées à une antenne de toit car c'est un point d'entrée possible pour un coup de foudre direct aux conséquences dévastatrices et même potentiellement mortelles pour les usagers. C'est pourquoi je recommanderais le montage de connecteurs sur le cable permetant la déconnection de l'antenne systématique en dehors de plages d'utilisation et bien evidement a fortiori en cas d'orage.
Enfin, il faut porter une attention très particulière aux dommages pouvant affecter les disques durs en cas de coup de foudre. La partie éléctronique du disque dur grillée, les données sont inaccessibles... sauf à passer par un très onéreux traitement en laboratoire spécialisé. Attention surtout aux unités de sauvegarde : Reliées au même système, elles peuvent griller en même temps que les unités principales qu'elles sont censées sauvegarder.
Les equipements de protection.
Fort heureusement, il existe aujourd'huis des équipements relativement efficaces, au moins contre les coups de foudre indirects qui représentent la majeure partie des incidents.
- Les parasurtenseurs : Dans leur présentation, ils ressemblent à de gros blocs multiprises. Ce qui les distingue d'un bloc multiprises classique, c'est qu'en interne ils disposent de composants de protection destinés à absorber les surtentions. Les composants les plus souvent employés dans ces parasurtenseurs sont les varistances. Suivant la qualité, on peut trouver également des selfs de filtrage, des éclateurs voir d'autres composants plus rapides. Car la protection des circuits intégrés est une question de rapidité de réponse. En la matière, il convient d'accorder une grande attention au choix d'un modèle sérieux : Tous ne se valent evidement pas. On évitera donc les "bonnes affaires a-pas-cher" pour privilégier un modèle de bonne gamme d'un fabricant réputé : Un bon modèle coute de 30 à 50€.
Un point important pour pour qu'un parasurtenseur soit efficace, c'est qu'il doit protéger toutes les entrées. C'est pourquoi TOUS les appareils interconnectés doivent être alimentés par son biais (ou via d'autres parasurtenseurs). Tout appareil non protégé peut faire remonter la surtension vers les appareils protégés et les détruire.
Il est à noter que les prises de courant ne sont pas les seuls points d'entrée des surtensions. Les prises téléphoniques et autres équipements réseau sont susceptibles eux aussi d'être des vecteurs de la foudre. Les lignes téléphoniques semblent en pratique très exposés, on ne négligera donc pas ce point. Heureusement, de nombreux blocs parasurtenseurs commencent à intégrer la protection de la ligne téléphonique et même pour certains de lignes réseau ethernet. Nous traiterons le cas de l'ADSL plus loin. Certains d'entre eux prennent également en charge une entrée télé, mais si le cable est relié à une antenne de toit, on s'interdira de considérer la protection comme suffisante : Rien n'arrète un coup de foudre direct.
Chez les bons constructeurs, le matériel est de plus en plus souvent accompagné d'une assurance de votre matériel en cas de coup de foudre destructif. Mais il faudra prendre soin de bien lire les clauses de restriction des documents et de bien renvoyer les formulaires d'inscription en gardant copie des couriers et les preuves d'achats originales.
Enfin il faut noter que pour être efficace, les parasurtenseurs nécéssitent généralement la présence d'une mise à la terre de qualité. C'est normalement le cas dans toutes les installations sur des immeubles récents. Attention toutefois au fait qu'il faut impérativement se connecter sur une prise disposant d'une terre, lesquelles ne sont pas toujours présente dans toutes les pièces de la maison. - Les onduleurs. Alors que les parasurtenseurs se contentent de couper les surintensités pouvant endommager le matériel, les onduleurs palient également aux baisses et ruptures de l'alimentation du secteur. Car une rupture inopinée de l'alimentation peut faire perdre tout le travail en cours, mais également endommager le système de fichier, voir le disque dur lui même.
Il s'agit donc d'une sécurité quasiment indispensable pour un usage professionnel intensif. A fortiori s'il s'agit d'un serveur de données.
Concrètement, l'onduleur dispose en entrée du même type d'étages de filtrage que les parasurtenseurs classiques, mais il ajoute une batterie et un système destiné à recréer un courant identique à celui du secteur en cas de défaillance de ce dernier.
Evidement, une batterie ne permet qu'une autonomie limitée, c'est pourquoi l'onduleur est surtout destiné à donner le temps de fermer proprement les fichiers et d'étendre la machine... ou de démarrer les générateurs dans le cas de serveurs à haute disponibilité.
La encore, il existe différentes technologies d'onduleurs. Les modèles courament vendus dans les gamme grand publics sont dits "off line", c'est à dire qu'ils ne bascule en mode onduleur qu'en cas de perte franche du secteur. L'inconvénient, c'est qu'en temps normal la tension n'est pas régulée par l'onduleur, pouvant ainsi laisser passer des microcoupures aux conséquences potentiellement graves en terme de corruption de données. On veillera dans ce cas à adopter une excellente alimentation bien dimensionnée disposant d'un gros condensateur de stockage de l'énergie pour absorber ces dernières.
En millieu de gamme, certains fabricants proposent du "line interactive" capable de corriger en permanence la tension secteur. C'est généralement un bon compromis même si c'est un peu plus cher.
Enfin, en haut de gamme, la rolls, c'est les onduleurs "on line" à double conversion. C'est à dire qu'ils recréent en permanence une tension secteur artificielle très propre à partir d'un courant basse tension dont la présence est garantie par la batterie. L'alimentation secteur est d'abord convertie en basse tension à destination du système de batteries et ensuite régulée et réondulée pour alimenter les équipements. C'est le seul système permetant d'assurer un fonctionnement permanent garantissant l'alimentation et le basculement en mode batteries sans aucune microcoupure d'aucune sorte. Mais ce type d'équipement est très cher, il ne se rentabilisera que dans le cadre de serveurs à haute disponibilité. - Les procédures de protection. Il va sans dire que débrancher son matériel informatique lors d'un orage est la meilleure protection jamais inventée. Cela signifie bien evidement de débrancher son matériel physiquement de la prise de raccordement( mais aussi téléphone, antenne TV) et non simplement de l'éteindre en le laissant branché car dans ce cas, la protection est nulle... pour l'appareil et tout ceux qui lui sont connectés (réseau, USB, etc...).
Evidement, c'est plus facile à mettre en oeuvre pour une station de travail utilisée dans une zone ou les orages sont rares que sur un serveur exploité dans une zone géographique fortement orageuse. On veillera dans les cas extrèmes à minimiser les conséquences d'un coup de foudre destructif en renforçant le plan de sauvegarde et en prévoyant du matériel de secours prêt à utiliser.
Retour sur le fonctionnement d'un parasurtenseur.
Les non technophiles pouront sauter ce paragraphe...
Le parasurtenseur sérieux n'est pas un produit simple : Il contient de nombreux composants calculés pour intéragir entre eux. C'est pourquoi sa qualité et sa bonne conceptione est tout à fait primordiale. De l'éclateur pour évacuer les pointes extrèmes, la self avec noyau ferite pour retarder le passage de la surtension afin de laisser le temps aux varistances d'entrer en action. Ces dernieres évacuent la surtension en devenant passantes au dela d'un certain seuil de tension. Enfin, ces dernières n'ayant pas une capacité illimitée, elles exploseraient au bout d'un temps relativement court. Elles sont calculées pour laisser le temps au fusible ou au disjoncteur qui sont des dispositifs efficaces mais trop lents, d'entrer eux même en action.
A ce stade, quelques remarques...
- Les dispositifs parasurtenseurs, notament les varistances qui sont les composants maitres du système s'usent dans le temps : Le parasurtenseur devra être remplacé de temps à autres. Malheureusement, il n'existe pas de moyen simple de savoir quand. Certains modèles ont bien un voyant de défaut, mais nous n'avons pas de certitudes sur la fiabilité de l'indication.
- En écoulant à la terre les surtensions importantes, le parasurtenseur peut faire "disjoncter" le diférentiel de l'installation. En d'autres termes, si vous bossez le soir, vous risquez de vous retrouver dans le noir à devoir réenclencher cette #%*$@ de manette. Certes, c'est un bien moindre mal si votre matériel est efficacement protégé. Mais si votre tableau éléctrique se trouve au fin fond d'une cave encombrée et que vous n'aimez pas trop les araignées, l'achat préventif d'une torche éléctrique à garder à portée de main sera probablement à envisager.
- Une des meilleure protection dont dispose le parasurtenseur, c'est paradoxalement... son interrupteur de coupure. A utiliser sans faute dès lors que vous ne vous servez pas de l'ordinateur. Pour autant, la protection absolue consistera tout de même à débrancher la prise (voir plus loin).
Le cas de l'ADSL
Bien que nous ayons noté que de nombreux blocs para surtenseurs fournissent une protection de la ligne téléphonique, parfois même mentionnée comme étant compatible ADSL, il faut bien signaler que ce n'est pas du tout l'idéal.
D'une part parce qu'une bonne protection contre les surtensions se doit idéalement de retarder les transitoires rapides de manière à permetre la mise en action des varistances : C'est par nature antinomique avec le passage d'un signal à haute fréquence.
D'autre part parce que tout ajout à la ligne ADSL ne peut que dégrader la qualité de ce très fragile signal avec pour conséquence de risquer de faire perdre en débit, voir même de compromètre la stabilité de la connection suivant la distance des centraux téléphoniques.
Notons que le problème devient particulièrement critique avec la généralisation des offres à très haut débit depuis peu de temps.
Avant ces offres, la ligne n'était que rarement le facteur limitant : avec 512K, la perte de quelques DB ne provoquait généralement pas de perte de débit. Avec les offres du type débit max, la plupart des internautes sont limités par leur ligne et la moindre perte se traduit par une connection ralentie ou des instabilités de connections.
Alors quelle solution pour la protection des équipements reliés à une ligne ADSL ?
Malheureusement, je doit avouer qu'il n'existe pas de protection miracle pour protéger ce type de connection. Pour ma part, je recommanderais de ne pas placer de protection sur la ligne avant le modem pour conserver la qualité de signal ADSL mais plutôt de la placer en aval de ce dernier, c'est à dire entre le modem et l'ordinateur. Hélas, ce n'est aujourd'huis envisageable que pour les liaisons de type ethernet car il n'existe pas de produit parafoudre USB de disponibilité courante. Mais de toute manière, si vous avez fait le choix d'un bon modem, vous avez déja un modèle ethernet.
Evidement, dans cette configuration, le modem sera sacrifié en cas de coup de foudre (mais son prix est faible... ou pris en charge par les FAI pour les "box"). On pourra également objecter que le problème de la qualité de la protection peut être également évoquée pour un cable ethernet même s'il est vrai que le signal est moins fragile. C'est pourquoi je disait plus haut que en la matière rien n'est parfait. L'idéal serait encore de débrancher physiquement le modem de la ligne quand vous n'en usez pas (ou en cas d'orage).
Etude pratique d'un parasurtenseur réel.
| Pour ne pas rester uniquement théorique, nous allons décortiquer l'intérieur d'un parasurtenseur du commerce, l'APC SurgeArrest E20. Ce modèle fut pendant longtemps le haut de gamme de son fabricant. |
| Les deux visses tombées et quelques clips en plastiques déboités nous laissent entrevoir les entrailles de la bête. Nous pouvons distinguer la rangée de contacts des prises et le circuit imprimé portant le dispositif parasurtenseur. A ce stade, nous pouvons constater que ce dernier est relativement volumineux. Logiquement, les parasurtenseurs de petite taille n'en offriront pas autant. |
| Les varistances. C'est pour ainsi dire le composant de base de tous les parasurtenseurs. Lorsque sa tension de calibrage est dépassée, ils devient passant, écroulant ainsi le pic de tension. Le modèle photographié en comporte 4. Avec les surtensions, ce type de composant s'use. Théoriquement, il pourait être remplacé... si vous êtes adepte du fer à souder. |
| Deux enormes selfs munies d'un noyau en ferrite se chargent de filtrer les parasites et agissent en quelque sorte comme un retardant au passage des grosses surtensions. |
| Un éclateur à gaz destiné à envoyer les très grosses surtensions à la terre. Relié aux lignes d'alimentation par l'intermédiaire des deux varistances visibles à ses côtés. Puisqu'il est relié à la ligne de terre, si vous ne disposez pas d'une bonne terre, ce composant ne sera logiquement pas en mesure de jouer son rôle. |
| Un disjoncteur thermique. Ce modèle est réarmable par un bouton accessible de l'extérieur. Lors d'une surtension, les varistances entrenent en action et l'intensité grimpe en flèche. Parce que les varistances ne protègeront pas pendant un temps infini, le disjoncteur se charge de rompre la connection au secteur aussi vite qu'un dispositif mécanique en est capable. |
| Un fusible. Plus une sécurité qu'autre chose. |
D'autres composants présents n'ont pas été représentés ni commentés : entre autres des condensateurs anti parasites, l'interrupteur marche-arrêt et un petit circuit destiné à indiquer par un voyant que la terre n'est pas reliée (utile).
Cet exemple aura pu vous montrer qu'un parasurtenseur contient quelques composants et n'est pas qu'un simple bloc de plastique. Et le votre, que contient t'il ?
Retour sur la foudre : Des phénomènes parfois surprenants.
J'ai dit plus haut que la foudre était un phénomène assez bien cerné par les scientifiques, mais cela ne signifie pas qu'on ne doit pas s'attendre à quelques bizarreries qui devraient inciter à la méfiance. Des phénomènes tout à fait explicables scientifiquement mais qui peuvent surprendre en pratique.
Par exemple, il s'est déja vu lors d'un coup de foudre direct que certains équipements branchés sur l'installation éléctrique ne soient pas touchés alors que d'autre auront littéralement explosés.
Pour comprendre, il faut savoir que dans le domaine des tensions très elevées, le courant éléctrique n'a plus tout à fait le même comportement qu'habituellement : Il tends à se concentrer sur la surface des conducteurs plutôt que dans l'épaisseur de ces derniers (effet de peau). Il se peut même que ces derniers sortent litéralement du fil conducteur pour ricocher sur la gaine... en ne suivant pas ce dernier lors d'un coude. On retrouve des fils en cuivre fondus en pointillés.
Mais la remarque la plus importante de tout cela, c'est que pour parvenir au sol la foudre à déja parcouru des centaines de mètres à travers les couches d'air... et ce n'est pas les quelques milimètres de vide au travers l'interrupteur qui l'arretera. Il ne faut donc pas accorder une confiance totale aux interrupteurs : La seule véritable protection est de débrancher physiquement la prise...
Evidement, c'est indéniablement contraignant de devoir ramper sous la table... pour chaque utilisation de son l'ordinateur. Je pense qu'a moins d'avoir une grande nostalgie du parcours du combatant de votre service militaire, personne n'ira jusque la.
Reste peut être le cas de personnes habitant des zones à très haut risque et disposant de matériel couteux et/ou de données très importantes. Dans ce cas, l'installation d'une prise en position haute et donc très facile d'accès serait un bon moyen de combiner une fiabilité maximale avec une facilité d'usage acceptable.
La terre : une protection primordiale.
Comme nous l'avons vu dans l'explication du fonctionnement du parasurtenseur, une bonne terre est nécéssaire au bon fonctionnement des appareils de protection. D'une manière generale, une mise à la terre de qualité est indispensable au bon fonctionnement de tout matériel informatique. D'une part, elle évacue les charges éléctriques accumulées, c'est à dire 'éléctricité statique. D'autre part, elle évacue les courants de fuite affectant bon nombre de périphériques informatiques et susceptibles de nuire au bon fonctionnement du système mais également de provoquer des dégats. La encore, de nombreux dysfonctionnements à l'origine inconnue sont dus à l'abscence de mise à la terre de l'équipement informatique.
Malheureusement, seule les normes électriques récentes imposent une prise de terre systématique sur toutes les prises de l'habitation. Les normes n'étant pas rétroactives, vous vous trouverez dans bien des cas dans une situation beaucoup moins heureuse. Cela peut aller de l'abscence totale de terre pour toute l'installation (rarissime... mais ça existe encore dans les maisons anciennes.) à la présence de terre uniquement dans la cuisine et salle de bain (Le cas le plus courant).
Le problème dans ce dernier cas, c'est que rare sont les utilisateurs à installer leur matériel informatique dans la cuisine ou la salle de bain. Dans ce cas, le problème se posera de se procurer une alimentation en courant avec terre.
Plusieurs solutions plus ou moins simples :
- Refaire l'installation électrique pour la mettre aux dernières normes. C'est evidement l'idéal pour ceux qui en ont la possibilité. Outre l'amélioration de fonctionnement de l'informatique, la sécurité des personnes en sera renforcée (disjoncteur 30 ma). L'idéal est de prévoir un circuit indépendant pour l'informatique de manière à lui assurer un courant le moins pollué possible.
- Utiliser une ralonge 3 fils jusqu'a une prise de terre. Evidement, si c'est dans la cuisine qu'il faut aller chercher cette derniere, ça peut faire un gros fil qui se balade dans tout l'appartement. Outre l'inconvénient de se prendre les pieds dedans, le circuit "cuisine" est le plus souvent extrèmement pollué : Réfrigérateur, Four micro ondes, lave vaisselle et la linge sont des appareils extrèmement perturbateurs. Les moteurs éléctriques de puissance dont ils sont pourvus sont susceptibles de créer eux même des pics de tension dommageables : De l'équipement informatique endommagé à cause d'un simple frigo, c'est malheureusement courant. Avant de brancher votre ordinateur, assurez vous d'être sur un circuit éléctrique dépourvu d'appareils perturbateurs (Gros électroménager, appareils contenant des moteurs électriques de puissance).
- Récupérer une terre qui "passe par la". Un cas courant : Dans les appartements munis de convecteurs électriques, même ceux datant des années 70, ceux ci sont reliés à la terre même quand les prises de la pièce n'en disposent pas (car leur carcasse est métallique). Il est donc possible de se relier à la terre du convecteur de la pièce. Evidement, il faudra bricoler pour se repiquer sur la terre du convecteur (qui doit evidement rester fonctionnelle pour ce dernier) en ramenant cette dernière sur le multiprise alimentant l'odinateur.
Les très mauvaises idées...
- Les radiateurs ou les canalisations d'eau. Parfaitement interdit... parce que très dangereux. Outre qu'ils constituent généramement une mauvaise terre (résistance trop élevée), cela présente de grands dangers : Les courants de fuite (ou plus grave, de court circuit en cas de dysfonctionnement) peuvent se retrouver dans le circuit d'eau. Dans le meilleur des cas, vous prendrez des coups de jus en vous lavant (testé), dans le pire des cas, vous risquez l'électrocution pure et simple en cas de dysfonctionnement d'un appareil ou d'une surtension due à la foudre.
- Tirer un fil jusqu'a une structure métallique à l'extérieur. Et si elle prenait la foudre ? De la même manière, il va sans dire d'éviter la tresse du paratonnerre ou les descentes de goutières en zinc.
Une bonne terre, c'est un(ou plusieurs) piquet enfoncé profondément dans le sol dans un endroit abrité (cave). La résistance de la terre doit être contrôlée par un professionnel muni d'un appareillage adéquat.
Pour résumer
- Cesser tout travail pendant les orages, éteindre son ordinateur et débrancher la prise.
- Acheter un parasurtenseur ou un onduleur de qualité.
- Protéger sans exception tous les équipements informatiques reliés entre eux.
- Ne pas oublier de protéger la ligne téléphonique et le cable télé.
- Disposer d'une bonne mise à la terre.
- Eviter de brancher son matériel informatique sur un circuit "pollué" par le gros électroménager.
- Débrancher purement et simplement son système informatique lorsqu'il n'est pas utilisé ou lors des départs en voyage.
- Débrancher impérativement tout cable télé relié à une antenne de toit lorsque la fonction télé n'est pas en utilisation.
- Sauvegarder régulièrement ses données.
- Ne pas laisser les unités de sauvegarde reliées en permanence au système principal au risque de les voir affectées elles aussi par un coup de foudre.
- Former les utilisateurs secondaires à observer les mêmes règles de prudences.
Conclusion
En espérant que cet article répondra aux nombreuses questions sur le sujet que se posent les utilisateurs novices, nous vous souhaitons une heureuse utilisation et longue vie à votre matériel informatique.
Laurent T.
|
|